//INTERSTICES

En 2003, // Interstices devient compagnie professionnelle avec la création de Paysage sous surveillance de Heiner Müller au Théâtre du Hangar, à Montpellier. Fortement influencé par la pensée de Walter Benjamin, le théâtre, dans les pièces de la compagnie, est le lieu d’une suspension, d’une interrogation de l’histoire. De 2004 à 2006, trois années de collaboration avec l’auteur canadien Royds Fuentes-Imbert donnent naissance à un diptyque Faux Bals. Suit, en 2008, sous le titre Bal perdu, une danse macabre, la création d’une pièce palimpseste composée d’après La Douce de Fédor Dostoïevski et inspirée de « l’affaire Mahé », ainsi qu’un travail de chantier et de performances autour d’Une saison en enfer de Rimbaud mené avec Michaël Hallouin.

En 2009, // Interstices et le collège d’acteurs du Théâtre de la Valse (basé à Orléans), décident de s’associer pour expérimenter de nouvelles modalités de productions et réfléchir, tant en termes artistiques qu’en termes politiques et économiques, sur les relations qui se nouent au cœur des productions artistiques. Un contrat de coréalisation lie les deux compagnies comme les deux producteurs des différentes pièces nées de leur coopération. Leur première réalisation commune est Woyzeck de Georg Büchner.

En 2012, // Interstices est conventionnée par la Drac Languedoc-Roussillon et la Région Languedoc-Roussillon. Les artistes associés — Michaël Hallouin, Marie Lamachère, Laurélie Riffault, Antoine Sterne, Damien Valero — décident de travailler comme une troupe permanente, répétant tout au long de l’année, tous les jours, et menant des projets au long court. Les acteurs suivent un training physique et traversent en commun les phases de recherches sur des questions, des textes, des méthodes de jeu, à partir desquelles le travail s’oriente vers la production de pièces. Sans lieu, ce fonctionnement singulier implique une vie de compagnie relativement nomade : le travail se développe lors de résidences successives (quinze jours ici, plusieurs mois là) et en étroite collaboration avec les lieux et publics qui nous accueillent.

En 2013, après 3 années passées en compagnie des textes de Georg Büchner, nous ouvrons une grande cession de travail, explorations théâtrales, recherches sur l’œuvre de Samuel Beckett, avec trois créations :
En attendant Godot (création en mars 2013 au CDN des Treize Vents, Montpellier)
Têtes-mortes (création en novembre 2013 au Théâtre la Vignette, Montpellier)
Quoi où et Fragment de théâtre II (création en juin 2014 au Forum du Blanc-Mesnil)
Simultanément, nous fouillons la thématique du « sujet » en créant plusieurs formes performatives appelées Têtes-vives.

En 2014-15-16, la compagnie // Interstices sera associée au Forum, scène conventionnée du Blanc-Mesnil.

De 2015 à 2017, elle est associée à Scènes croisées de Lozère où elle crée Sainte Jeanne des Abattoirs à la MC2 de Grenoble et entame un projet d’immersion territorial, Chemins d’utopies d’après les écrits de Charles Fourrier. Ce projet donnera lieu à l’automne 2017 à la création d’un spectacle itinérant, Nous qui habitons vos ruines.